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« Comment j'ai basculé »: ton kit de prévention contre le capitalisme vert ;)

😝

Comment j’ai basculé est une fiction!

Et si le véritable extrémisme, c’était notre idéologie dominante? Cette fiction satirique plonge le public dans une campagne de prévention qui renverse les paradigmes. Dans ce monde fictif, la normalité rime avec sobriété matérielle, vie low-tech et cohabitation harmonieuse avec les autres espèces. Bref un mode de vie paisible, soudainement menacé par une nouvelle forme d’extrémisme : l’obsession des technologies dernier cri, des promotions sans fin et des tendances pseudo-écolo. Leur slogan de recrutement ? « Sauve la planète, un achat à la fois ! »

La fiction adopte le ton pédagogique et l’esthétique des campagnes de sensibilisation. On y suit Zoé, une jeune femme issue d’une famille « normale », qui bascule peu à peu dans l’engrenage consumériste. Des experts fictifs, en entrevue, viennent analyser son parcours et décrypter les mécanismes de cette dérive dans le « capitalisme vert ».

La fiction se prolonge sur les réseaux sociaux avec cinq créateurs de contenu qui jouent le rôle d’ambassadeur de la campagne. Dans des capsules ludiques et ironiques, ils racontent comment ils ont basculé eux aussi dans cette idéologie – et surtout – comment ils s’en sont sortis. Oui, la réhabilitation est possible! 😍

Le passé regorge d’exemples de mœurs et coutumes qui nous apparaissent étranges, irrationnels, voire extrémistes, mais qui étaient perçus comme normal à l’époque: droit de vote interdit aux femmes, déchets jetés dans les rivières, plaisir sexuel criminalisé par la religion, etc. Ce qui nous amène à cette question capitale: y a-t-il des mœurs et coutumes aujourd’hui qui apparaîtront extrémistes aux yeux de nos descendants lointains? Par exemple, une civilisation qui a fait disparaître le 2/3 des forêts en 70 ans, le 2/3 des insectes et le 2/3 de la faune sauvage, sera-t-elle perçue comme raisonnable? Ce questionnement était à la genèse de ce projet: comment la frontière entre normalité et extrémisme se déplace au fil du temps.

Mais le capitalisme des années 2020, n’est-il pas en train de faire le virage écologique tant attendu? Développement durable, transition énergétique, croissance verte: ces mantras reviennent en effet sans cesse dans le discours de nos dirigeants, comme des formules magiques censées résoudre toutes les crises. Mais peut-on vraiment concilier croissance industrielle infinie et respect des limites planétaires ? Comme le rappelle Lucie Sauvé, professeure émérite en éducation relative à l’environnement à l’UQAM (et vraie experte!), « le développement durable est finalement juste un alibi pour continuer à faire la même chose, mais de façon vertueuse. » Et cette « même chose », c’est la croissance économique illimitée — sur une planète, elle, bel et bien limitée.

Ce projet entend explorer ces contradictions majeures, mais sans sombrer dans le moralisme. Sérieux sur le fond, léger sur la forme. 🌱😉

Pour approfondir la réflexion sur le capitalisme vert et ses contradictions:
• Ces objets écolos qu’on surconsomme
• La face sombre de la transition énergétique
• La guerre des métaux rares : la face cachée de la transition énergétique et numérique
• Pour une écologie du 99%. 20 mythes à déboulonner sur le capitalisme

Comment j’ai basculé est une création du cinéaste Julien Boisvert, reconnu pour ses pastiches de campagnes sociétales. Depuis 2015, il détourne les codes de la communication institutionnelle pour en révéler les absurdités. Son projet Parrainez un enfant riche prenait la forme d’une campagne humanitaire fictive où des enfants occidentaux étaient « sauvés » par des familles du sud. En 2020, il récidive avec Moi j’ai un ami blanc!, une fiction coscénarisée avec des artistes racisés et autochtones qui pastiche les campagnes contre les préjugés.

Pour cette nouvelle fiction, Julien collabore à nouveau avec des artistes autochtones, impliqués à plusieurs étapes du processus : révision du scénario, tournage, diffusion. Puisque le projet remet en question notre idéologie dominante — et notamment la vision anthropocentrique de la nature — il était essentiel d’y intégrer d’autres visions du monde, d’autres rapports au vivant, dont celui des collaborateurs Atikamekw Nehirowisiwok.


Comment.jai.bascule@gmail.com / Instagram / Facebook


Photos tirées du court-métrage

Photos du tournage